Restauration Saxo VTS

INTRO :

Depuis déjà quelques années, j’avais envie d’acquérir une voiture ancienne abandonnée et la restaurer.

On va être honnête, ça demande beaucoup de courage d’attaquer un projet comme ça sans aucune expérience. Je n’ai aucune formation en mécanique, carrosserie et peinture. Donc j’ai laissé trainer cette idée des mois entiers. 

En fait je n’en ai toujours pas achetée une. J’ai restauré la voiture de ma chère et tendre. Une Citroen Saxo VTS 1.4i 75ch qui à plus de 20 ans.

Durant ces 20 ans, elle a parcouru avec les anciens propriétaires 90 000 kilomètres et n’a pas roulé pendant 5 ans !

C’est la première voiture de madame. Bien que datée la Saxo VTS à toujours une bonne tête. C’est idéal pour apprendre à conduire. Pas d’entretien hors de prix, des pièces partout, et une fiabilité légendaire.

Et en bon état une Saxo VTS a une bonne valeur de vente. 

On a signé pour cette épave non roulante…

Avec le budget alloué on a réussi à la remettre en état d’origine, sauf quelques détails de peinture et de carrosserie. 

J’ai un poil plus d’expérience en mécanique qu’en peinture et carrosserie. 

Ça se ressent dans le résultat.

LE MOTEUR:

Ce qui est intéressant dans ce travail c’est la recherche de panne, le moteur callait tout seul, tournait mal et consommait autant qu’une C63 AMG. 

J’ai changé tous les capteurs défectueux. 

J’ai aussi refait l’allumage, nettoyé les injecteurs, changé tous les joints, rodé les soupapes, rectifié la culasse, en bref une réfection complète ! 

On ne dirait pas, mais ça ne s’est pas fait comme ça directement en une matinée. C’est des dizaines d’heures de recherche de pannes, de tests, d’apprentissage du début de l’ère de l’injection électronique.

En effet sur le TU3 de 1996 on est dans le pire des deux mondes.

Je m’explique, la voiture n’est ni assez récente pour résoudre facilement les problèmes grâce à l’informatique. Ni assez vieille pour travailler comme sur un moteur à carburateur classique. Ce qui fait que c’est un apprentissage total pour moi. Bon, je pars avec de bonnes bases mais quand même. 

Elle avait une panne en particulier infernale, le ralenti trop bas. Autour de 650 tours au compteur à chaud et un départ à froid à 900 tours. 

Oui mais voila, c’était uniquement lié au compteur, qui affichait 200 tours de moins qu’un compteur normal de Saxo ou 106. Il aura fallut que j’en prenne une autre en comparaison pour pouvoir détecter le défaut.

Maintenant il tourne mieux que jamais et c’est un régal de douceur et de sobriété !

LA MECANIQUE :

Pendant que j’attendais les différentes pièces du moteur selon mes diagnostics, je refaisais également les autres défauts liés à une immobilisation prolongée de cette voiture. 

Le levier de vitesse avait du jeu. Il suffisait de remplacer une goupille sur la tringlerie, c’est un problème connu sur ces voitures. Seulement il faut énormément de patience pour l’enlever. N’ayant pas reçu la nouvelle rapidement, j’ai décidé de remplacer le montage d’origine par une vis et un écrou. C’est aussi efficace, ça prendra du jeu avec le temps comme la goupille, mais au moins ça se change en 30 secondes.

J’avais les trains roulants à refaire, changements des triangles, des silents blocs complet de la voiture, des roulements et quelques détails comme les phares et arrêts de porte. 

Je n’ai pas souffert pour le faire, ce n’est pas de la mécanique lourde. On va dire qu’avec les années c’est presque de l’entretien plutôt que de la restauration.

Du coup au revoir les bruits de roulements, grincements et autres vibrations parasites.

On y voit enfin quelque chose la nuit grâce aux nouveaux phares.

LES DETAILS :

Enfin deux choses me dérangeaient.

Le volant avait été changé par un adaptable très petit et pas très agréable à prendre en main (surtout en métal donc l’été dans les Pyrénées orientales c’est insupportable) et un levier de vitesse tout en métal…

Là ce n’est plus un souci de technique mais c’est de la recherche de pièce. 

Le volant et le soufflet du levier de vitesse sont introuvables. 

C’est le volant sport 3 branches sans airbag. Il a été disponible au catalogue qu’une seule année. Et le soufflet est en faux cuir surpiqué blanc.

On a réussi à trouver ces deux accessoires en casse miraculeusement.

Elle retrouve du charme et ça la rend magnifique. 

J’ai du tirer la colonne de direction pour pouvoir installer le volant qui ne voulait pas s’adapter correctement. C’est pas accessible mais ça se fait assez bien.

Il ne reste que le plus dur, la peinture.

LA PEINTURE :

J’ai toujours admiré les carrossiers et peintres automobile.

Cette fois c’était mon tour d’essayer. J’avais pris des leçons théoriques avec un excellent peintre automobile mais je n’avais jamais pratiqué. Donc j’ai attaqué le ponçage de A a Z.

Puis l’application de mastic à certains endroits abimés légèrement. 

Viens ensuite le masquage (qui a pris une journée…).

La pose de l’apprêt, les couches de bases et le vernis.

Tout ça en extérieur, je n’avais pas d’autres possibilités.

Et après 12 heures de séchage il faut avouer que c’est dégeulasse…

Je la laisse dans un coin et pars m’énerver sur autre chose elle restera 2 mois moche.

Après avoir digéré mon échec cuisant sur la peinture je décide de l’emmener faire un tour chez mon peintre. 

Et le verdict tombe.

J’ai absolument tout réussi. 

Seulement la peinture et le vernis ont fait une réaction chimique et pour tout récupérer il me faudra faire un polylustré complet sur la voiture.

C’est à dire poncer au 800 à l’eau puis au 1200 à l’eau puis au 2500 à l’eau puis au 3000 à l’eau puis au 6000 à l’eau puis lustrer au grain épais puis moyen puis fin et cirer le tout.

C’est un travail de titan qui s’est fait en 1 mois et encore je ne suis pas parfaitement satisfait.

Je suis quand même très content du résultat. Je vais devoir refaire certains endroits et travailler un peu plus ma technique de peintre pour arriver à la perfection. Mais avec l’expérience acquise ça ira beaucoup beaucoup plus vite.

CONCLUSION :

Quelle belle petite voiture bleue ! 

Depuis elle a parcouru près de 2 000 kilomètres sans aucun ratés, et sa propriétaire est ravie ! 

En plus de ça le moteur consomme deux fois moins qu’avant, j’ai cru à une blague quand on me l’a dit puis j’ai essayé en calculant les litres de carburant à mettre dans la voiture après un long trajet. Donc financièrement parlant la restauration sera rentable une fois que la voiture aura effectuée 20 000 kilomètres grâce à l’économie de carburant. Quelques fois ça vaut le coup de passer un peu de temps sur un beau projet comme celui-ci.  

Edit après 3 000 kilomètres :

Rouler en ancienne c’est aussi accepter les imprévus et défauts d’âge. Après 3 000 kilomètres j’ai du nouveau, rien d’extraordinaire, le tuyau de mise à l’air du réservoir s’est mis à fuir et on ne peut plus faire le plein. Et plus important les roulements de boite sont usés et la 5 ème fait un sacré grondement ! Vue le prix d’une boite je vais la changer directement par une d’occasion !

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